« Mon défi en tant qu’auteur est de courir après une actualité insaisissable. Ce serait ça. Peut-être quelques-uns l’ont compris. Cette position formulée comme ça, ça fait un peu rapide, facile, mais j’aime l’instabilité à laquelle ça renvoie, quand on attend toujours d’un auteur qu’il grave dans du marbre, qu’il fasse des « oeuvres ». Merde, a-t-on jamais compris comment une oeuvre se faisait ? On aurait épuisé bien des mystères… Je me sens au service de quelque chose, le reste… je m’en fous, demain je disparais. » Ronan Chéneau La compagnie Bastions Pirates est une histoire de rencontres. Rencontre entre les fondateurs Luca Capelli et Caroline Corme d’abord, puis avec les circassiens, les comédiens, les techniciens, les participants aux ateliers amateurs, les directeurs et le personnel des lieux ou des festivals qui nous ont accueillis, les artistes du plateau, les vidéastes, les musiciens, les danseurs, les éclairagistes et il faut bien l’avouer aussi quelques chargés de productions, deux ou trois barmans et autres marabouts, qui, à un moment ou un autre, ont tous contribués, chacun à leur manière, à produire du sens. Etre au service de quelque chose, d’un témoignage, d’un texte, d’une idée. Tenter de dire, non sans soucis de l’esthétique, la banalité ou la brutalité du quotidien. La compagnie Bastions Pirates s’attache à défendre des textes contemporains et parfois même se passe de mots. Flirtant sauvagement avec le surréalisme et le théâtre physique, notre pratique se veut avant tout accessible à tous. Une poésie qui, se tenant dans l’action, est toujours un objet à venir.